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Ours tranquille

Aller à la rencontre de la Mort - expérience vécue avec la Madre

27 Décembre 2017 , Rédigé par Asha Publié dans #spiritualité

Aller à la rencontre de la Mort - expérience vécue avec la Madre
Aller à la rencontre de la Mort - expérience vécue avec la Madre
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Une de mes expériences avec la Madre m'a menée auprès de cette énergie qu'est la mort. Elle n'a ni sentiment ni émotions. Elle est, tout simplement !
J'avais une croyance très romantique de la jungle péruvienne genre c'est le paradis, tout est parfait, le silence, la paix et la communion avec la Nature primordiale ! Tu parles, Berthe ! J'y ai vécu la plus grande de mes peurs, seule au milieu de nulle part. Ours était à portée de voix, certes mais à 5mn de marche et dans le noir, cela fait très long. Donc j'ai croisé et vécu ma peur de mourir, de disparaître loin de mes proches, de mes enfants !
Tous ces bruits d'animaux nocturnes qui vont à la chasse, qui rampent, volent, se trainent ; ces cris, ces hululements, ces piaillements, ces crissements, ces sifflements et cela pendant toute la nuit noire, sans lune ! Et qui dure longtemps ! A 17h30, le soleil se couche et à 19h, il fait nuit noire. Il n'y a pas de murs ni de portes ni des fenêtres autour de mon tambo qui pourraient m'en protéger. Il fait jour à 5h00 du matin. Pas d'électricité et ma torche crée un point lumineux qui attire les insectes. Et même les locaux nous ont mis en garde. Tout est dangereux du plus petit au plus grand des animaux croisés. Ma peur a commencé quand des "choses inconnues" froissaient les feuilles en marchant autour de mon tambo. Elles soufflaient autour de mon tambo sans que je sache ce que c'était. La trouille au ventre, je m'imaginais morte, éventrée, mordue, exsangue ! Mon coeur battait à 200 à l'heure, je n'arrivais plus à respirer, tétanisée et accrochée à ma moustiquaire. J'étais morte avant même que quoi que ce soit ne me touche. Mon coeur me faisait mal tellement j'étais comprimée.
J'ai invoqué la Madre, je lui ai parlé de cette peur qui m'oppressait et me tuait plus sûrement que la bête la plus féroce qu'il y avait dehors et de mon sentiment de ridicule achevée car franchement, à part les moustiques; la moustiquaire ne me protégeait de rien même pas de ma propre connerie qui nourrissait ma peur ! Le cercle vicieux...
La Madre m'a demandé si je voulais voir et rencontrer la mort. J'ai accepté car au point ou j'en étais de ma trouille, finalement cette rencontre ne me faisait pas peur!
C'est le grand soir, le soir de la cérémonie. Ce pourquoi j'ai fait plus de 10000kms. Elle est forte, épaisse, et dense dans la bouche. Je l'accueille, j'accepte ce que j'ai à apprendre, à vivre, à expérimenter. Bruns se met à chanter les icaros en alternance avec Pepito, une vrai pépite de bonté, de simplicité et de bienveillance avec une voix magnifique. Ils accompagnent et nous aident à surfer sur la vague des différentes expériences que chacun vit là ou il en est, à travers les filtres de nos personnalités, de nos filtres.
Je sens mon corps et mon esprit disparaître et je ne suis plus que vibrations. Je me dissous dans cet espace temps de mon présent. Je vois la Madre sous forme de gardienne de temple, c'est ainsi que je l'ai perçu. La gardienne de mon temple, de mon moi à ma gauche et à ma droite, je perçois cette forme sombre comme sous une cap qui me dit viens. Ce n'est pas par la parole que nous communiquons, j'entends dans ma tête et je réponds de la même façon. je la suis et elle me repose la question : veux-tu voir ta mort? Comment la veux-tu douce ou douloureuse ? Douce et tranquille dis-je. Alors regarde. Je suis détachée de mon corps, je le vois allongé par terre, mort ! Je suis morte et je ne ressens aucune peur, je ne pense pas à mes enfants que j'ai laissé ! Tout est juste !
"Avant que tu vives ce qui se passe, je te donne cette information des erreurs que les humains font sur leurs morts : vous vous enterrez chaussés, c'est une aberration; votre déni de la mort vous fait faire des soins aux morts où vous leur scellez la bouche, comment voulez-vous que le premier souffle s'exhale pour que l'âme entende le signal de son départ et pour tout arranger vous mettez vos morts allongés à plat ! Vous créez un monde de zombies entre les mondes à cause de votre inconscience. Le temps est compté pour que le signal parte de la plante des pieds au premier souffle, jumeau du dernier souffle quand la mort survient, ce souffle que lâche la personne qui rend l'âme. Ce n'est que le début du processus. Et l'âme a un temps déterminé avant que sa mémoire ne s'efface car quand elle est revient à la Source, elle doit perdre son individualité. Vous rallonger le temps mais le timing de l'âme est resté le même depuis la nuit des temps, celle du début de toutes choses. Maintenant regardes et vis".
Je vois et vis la dégradation de on corps : tout part de la plante de mes pieds; leur texture change, se ramollit et je sens ce qui se passe. Cette sensation qui remonte petit à petit vers les membres supérieurs, les cellules qui éclatent et perdent leur eau, mon corps qui s'alourdit et se dissout dans la terre, les vers saprophages qui travaillent et dissèquent et digèrent mes chairs; mes boyaux relâchent des gaz et le mouvement de libération aide ma cage thoracique à se relâcher. Je sens-vois ma mâchoire qui se relâche et un souffle fuse. Mon esprit est libéré et se dissout dans l'univers. Je sens quelque chose bouge au niveau de la couronne et mon âme est libérée. Elle connait le chemin vers la Source. Tout s'est fait en temps juste ! Je croyais que tout était fini lorsque j'entends des mots, des réflexions diffuses qui sortent encore même si c'est sans cohérence. C'est le mental qui disparaît en dernier comme s'il voulait avoir le dernier mot, comme un ordinateur qui bugge. C'est presque risible de voir comme il s'accroche à rien, au vide, à une dernière illusion avant de s'effacer ... La Mort a maintenu mon âme pour qu'elle reste connectée à mon moi afin qu'elle n'oublie pas, qu'elle ne m'oublie pas! L'expérience finie, elle la ramène à mon corps et je retrouve les sensations de mon humanittude ! Je ne tiens pas debout, je suis devenue chamallow. J'ai besoin d'aide pour revenir chez moi, ce chez moi qui fait 12m² au milieu de nulle part. Je n'ai plus peur de mourir, je dors comme un bébé. Tout ce qui est dedans est dehors et tout ce qui est dehors est dedans. Je suis en paix et mon monde est en paix !
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